
La Galerie Durst est heureuse de vous présenter la nouvelle exposition personnelle de Marie-Astrid Grivet. Fidèle aux thèmes qui nourrissent sa pratique, natures mortes, roches, corps et escaliers, l’artiste poursuit une recherche picturale où les formes, les surfaces et la couleur dialoguent dans un subtil équilibre entre abstraction et figuration.
Cette nouvelle exposition marque également l’apparition d’un thème plus récent dans son œuvre : la figure humaine. Inspirés par le mouvement et parfois par l’univers de la danse, ces personnages se rencontrent, se répondent et occupent l’espace dans des compositions où les corps deviennent des surfaces d’expression. Nous nous sommes entretenues avec l’artiste, qui nous dévoile les inspirations et les coulisses de cette nouvelle exposition.
Comment as-tu appréhendé cette exposition ?
J’avais vraiment envie que cette exposition soit différente de celle que j’ai faite il y a quatre ans, aussi bien dans la technique que dans la progression. On a toujours envie d’évoluer, et je voulais que le public découvre quelque chose de nouveau dans mon travail.
Ce n’était peut-être pas si compliqué de refaire ce que je savais déjà faire, de rester dans mes couleurs et mes sujets habituels, mais j’ai eu envie de déplacer un peu tout ça. Je ne pense pas y être arrivée sur toutes les toiles, mais il y en a certaines dont je suis vraiment contente et où je trouve que j’ai avancé.
Comment as-tu abordé la création des œuvres de cette exposition ?
Je laisse une place à l’intuition, mais je suis aussi très organisée. Je fais des croquis et je réfléchis beaucoup à mes deux ou trois prochains tableaux, parce que je n’aime pas être prise au dépourvu et me demander chaque jour ce que je vais faire.
Je n’improvise donc pas complètement : je pense en amont aux sujets que je vais travailler. Ensuite, le croquis laisse aussi une place à l’intuition, car c’est là que la création commence.
Mes croquis en noir et blanc me servent notamment à réfléchir aux valeurs des couleurs. La valeur est très importante : par exemple, le rouge et le noir ont la même valeur, donc si on les photocopie en noir et blanc, ils apparaîtront tous les deux noirs, alors qu’un jaune donnera plutôt un gris clair.
Une fois le croquis reporté sur la toile, je fais un premier passage assez rapide pour poser les couleurs et l’harmonie générale que je souhaite. Ensuite, je laisse davantage de place à l’intuition : je travaille les couleurs, les matières, les textures. Je me demande si je vais mettre une peinture plus dense, un glacis, de l’empâtement, une ligne… À ce moment-là, je me laisse guider par ce qui se passe sur la toile.
La composition de départ me rassure. Si elle est juste, je sais que je vais réussir à avancer avec les couleurs. En revanche, si elle ne fonctionne pas, et ça m’est déjà arrivé, j’ai beau changer les couleurs dix fois, je n’y arrive pas.
Y a-t-il un fil conducteur entre les œuvres ?
Pas vraiment, si ce n’est cette envie d’aller plus loin par rapport à ce que je faisais avant. C’est peut-être ça le fil conducteur : faire un pas de plus.
Je suis contente parce que ce ne sont que des choses que j’ai réellement eu envie de faire, sans me forcer ni devoir ajouter une œuvre pour compléter l’exposition. C’était très important pour moi de peindre, et non simplement de produire.




Quelles influences ont nourri la création de cette exposition ?
Dans cette exposition, on retrouve mes thèmes habituels : les natures mortes, les roches, les corps et les escaliers.
J’aime beaucoup les rochers, leur matière brute et leurs formes très graphiques : les arêtes, les lignes, les courbes. Les roches que je peins sont généralement celles que j’ai photographiées, notamment dans le Limousin. Elles me permettent d’aller vers quelque chose de plus abstrait, de moins représentatif. C’est une forme d’évasion, mais aussi un clin d’œil au Limousin, qui fait partie de moi.
Toutes mes œuvres sont inspirées des photos que je prends. Les escaliers je pourrais en faire tout le temps, j’aime ce jeu de lignes et de courbes mais aussi cet appel d’air qu’on a avec l’escalier. Les escaliers, par exemple, je pourrais en peindre tout le temps. J’aime le jeu des lignes et des courbes, mais aussi cette sensation appel d’air qu’ils créent. Ils viennent de ceux que je rencontre, et maintenant c’est marrant les gens m’envoient des photos d’escaliers et il y en a des supers.
Les natures mortes sont également présentes parce qu’elles me reposent, pas seulement au sens de me détendre, mais parce qu’elles me permettent de construire quelque chose. Pour moi, une nature morte est avant tout un travail de composition. J’ai une grande collection d’images de bouteilles et de magazines de décoration qui me servent d’inspiration pour recomposer mes scènes.
Je m’inspire beaucoup de la nature. J’ai planté des cyprès parce que j’aime les lignes verticales, les formes qui montent. J’en ai mis trois car c’est un symbole d’accueil. J’ai aussi planté un cognassier pour avoir des coings à peindre. C’est un fruit que je trouve magnifique, avec une forme irrégulière, cabossée.
Enfin, j’aborde depuis quelque temps un thème plus récent : les personnages, avec une inspiration qui se rapproche parfois de la danse. Ce sont des figures que j’ai envie de faire dialoguer entre elles. J’aime travailler les corps comme des surfaces et essayer, malgré mon style proche de l’abstraction, de faire ressentir les interactions entre les personnages. Même s’ils ont parfois des visages comme des masques, j’aimerais que l’on ressente, à travers les lignes et les courbes, une relation entre eux.
Y a-t-il une œuvre exposée qui te tient particulièrement à cœur ?
Il y en a une que j’aime particulièrement car son inspiration vient d’une exposition photo que j’ai vue à la Maison de la Photographie à Paris.
Au départ, je pensais ne pas aller voir cet artiste parce que je pensais ne pas aimer son travail. Puis je me suis dit que ce serait dommage de passer à côté, et finalement j’ai découvert deux ou trois photos que j’ai tellement aimées.
J’ai réalisé une toile à partir de cette inspiration. Je l’ai posée assez rapidement parce que je sentais que ça fonctionnait, même si j’ai ensuite dû modifier une grande partie de la composition. Finalement, elle m’a demandé beaucoup de travail.
Cette toile me tient à cœur parce qu’elle représente des personnages, ce qui est assez nouveau pour moi. J’aime l’harmonie des couleurs et ce qui se passe entre les personnes. Je pense qu’elle peut surprendre : mon pas de côté-là je le signe.
Qu’espères-tu que les visiteurs emportent avec eux ?
Je ne cherche pas à faire une peinture agitée qui bouscule ou affole les gens. Je veux une peinture posée. C’est quelque chose que je recherche : même dans la manière de poser la matière, j’ai besoin que cela m’apaise.
J’aimerais que les gens ressentent que mes peintures les interrogent, qu’elles les intéressent, mais aussi qu’elles leur fassent du bien.
Cela ne veut pas dire que je cherche une peinture trop sage ou parfaitement esthétique. Au contraire, j’aime qu’il y ait toujours un petit élément qui dérange, quelque chose qui « grince », même si je n’y arrive pas toujours.
J’espère aussi que les gens viendront découvrir le travail des galeries, parce que je trouve ça formidable qu’elles continuent à exposer des artistes. C’est différent de regarder des œuvres sur un ordinateur : il y a tout un travail autour de la scénographie, de l’accrochage, de la mise en valeur des œuvres.
Et pour ceux qui connaissaient déjà mon travail, j’espère qu’ils verront une évolution et surtout une évolution dans le bon sens. Que ce n’est pas une grande dégringolade !
Exposition du 1er octobre au 29 octobre 2026 à la Galerie Durst
Vernissage le jeudi 1er octobre de 18h à 21h30




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