Isabelle Girollet

Les photographies d’Isabelle Girollet mettent en avant la beauté dans le « brutalisme » des paysages urbains. Ce sont des usines, des chantiers, des ponts, qui prennent un autre aspect sous l’œil aiguisé de l’artiste, pour n’en voir plus que la beauté des couleurs ou des formes.

Sensible à la prise de vue photographique depuis son adolescence, Isabelle Girollet poursuit dans cette voie.

Elle entre à 18 ans comme assistante d’Olivier Dassault, photographe. Elle y restera huit ans et une vingtaine d’années dans les domaines de la publicité et de l’édition.

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Ces œuvres sont un détournement poétique de ce qui nous entoure. Ces paysages qui de prime abord ne renferment aucune harmonie, l’artiste parvient à nous en faire découvrir tout le lyrisme.

Isabelle Girollet prend des plans, des formes qui transfigurent le sujet de la photo. Un pont devient un paysage lunaire, ou encore une porte automatique se transforme en un filet de lumière fugace. Cette abstraction photographique laisse au spectateur une grande liberté de penser, de rêver à ce que pourrait être le sujet de la photographie.

L’artiste est alors dans la mouvance du poète Émile Verhaeren qui décrit dans « la ville », ces trésors que cachent les paysages industriels : « Ce sont des ponts tressés en fer ; Jetés, par bonds, à travers l’air ; Ce sont des blocs de colonnes ; Que dominent des faces de gorgones ; Ce sont des tours sur des faubourgs ; Ce sont des toits et des pignons ; En vols pliés, sur les maisons ; C’est la ville tentaculaire ; … Des clartés rouges ; qui bougent ; sur des poteaux et des grands mâts… »

Aujourd’hui, tout est inspiration pour Isabelle Girollet. Un objet design devient architecture, et l’architecture d’un bâtiment prend la forme d’un mouvement coloré.

Les photographies d’Isabelle Girollet ne sont pas non plus sans rappeler la peinture.

D’aucuns ont décrit les œuvres de l’artiste comme étant des peintures photographiques, tant dans les couleurs, profondes et fortes, que dans la mouvance des formes. Le mouvement y est très souvent présent, notamment par l’alignement des différents plans que forme la photographie.

Ainsi comme l’a écrit la Bibliothèque Nationale de France, « sa palette, c’est le monde ; ses pinceaux, la lumière ». L’œil photographique et solaire d’Isabelle Girollet nous invite à dépasser les limites du visibles et éveil nos sens.

Ses images graphiques s’affranchissent des contours et nous montrent de nouvelles compositions quasi-musicales, elles traduisent la vibrance dans un monde sensoriel qui résonne de manière si personnelle en chacun de nous.

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